On est parti pour retrouver Lilou et Ludo avec l‘épisode 11 de la saison 3 de Si j’étais quelqu’un d’autre. J’espère qu’il te plaira !
Si tu n’as pas encore lu l’épisode 10 de la saison 3, je t’invite à aller te rafraichir la mémoire en cliquant ici.
Sur ce, je te souhaite une bonne découverte, ainsi qu’une bonne lecture !
Épisode 11 : Ce qu’on ne dit pas…
En ce moment, je sens Ludo particulièrement fatigué. Je le trouve tout le temps dans ses pensées. Toujours dans la lune. Parfois, je lui parle et il me grogne des réponses incompréhensibles. Ça lui arrivait d’être sombre au début de notre relation mais jamais à ce point.
Là, il est absent.
Cette fois-ci ne fait pas exception. À la maison, il devient même un peu distant. Actuellement, les seuls moments où il me montre réellement de l’affection, c’est seulement en public ou chez nos amis. J’avoue que j’apprécie lorsqu’il se colle à moi ou qu’il m’embrasse le haut du crâne… Mais j’aimerais qu’il soit ainsi tout le temps.
En sortant de l’immeuble de Baudouin, nous regagnons la voiture. Sans un mot, je m’installe sur le siège passager. Ludo prend le volant et pousse un soupir exaspéré.
– Je peux prendre le volant si tu n’as pas envie de conduire, tu sais…
– C’est bon, pas la peine.
Je ne réponds rien et me contente de tourner la tête pour regarder par la fenêtre. La bonne humeur qu’il a montrée pendant que nous dinions s’est visiblement envolée. Le soleil se couche de plus en plus. Baudouin habite à une demi-heure de chez nous. Ça nous arrive d’aller manger chez lui, ou chez Agnès. Ce n’est pas toujours nous qui accueillons. Cappu est restée à la maison. Nous ne l’emmenons pas avec nous tout le temps. Parfois, nous avons besoin aussi de nous retrouver tous les deux.
Bon, étant donné l’ambiance entre nous en ce moment, je ne peux pas dire qu’on a besoin de se retrouver pour une partie de jambe en l’air dans la voiture… mais tout de même, ça ne nous fait pas de mal de passer du temps tous les deux. Je l’entends encore pousser un soupir et agacée, je dis :
– Tu ne voudrais pas me dire ce que tu as depuis quelques temps ?
– À quoi ça servirait ? grommelle-t-il.
En levant les yeux au ciel, je réplique :
– Oh bah je ne sais pas… trouver une solution et passer à autre chose, peut-être ?
– Pfff… C’est si facile pour toi…
– Mais de quoi tu parles ?
– T’es la spécialiste du passage à autre chose.
Cette fois-ci, je tourne la tête vers lui et demande encore :
– Je peux savoir ce que ça veut dire ?
– Que tu fuis constamment les problèmes pour ne pas les affronter.
J’avoue que là, il m’a perdue. Depuis quand je fuis les problèmes ? J’ai toujours tout affronté de front. En faiblissant parfois, c’est vrai. Mais je me suis constamment battue pour me relever à chaque fois. Ludo s’est muré de nouveau dans le silence et sort de la ville pour s’élancer sur la route de campagne que nous connaissons par cœur à force de la faire pratiquement chaque semaine. Encore fortement agacée, je souffle :
– Tu sais, Ludo, ce n’est pas parce que tu es fatigué et que tu vas mal en ce moment que ça te donne le droit de passer ton mal-être sur moi…
– Ah, nous y voilà ! Tu vas encore me faire le couplet de la pauvre petite Lilou malmenée par son mec…
– Quoi ? Mais sérieusement, tu t’entends parler parfois ?
Ludo passe une vitesse brusquement avant de reprendre :
– Je te connais, c’est tout. Et tu as tendance à te victimiser pour avoir de l’attention.
Je reste bouche-bée en l’entendant. Je le trouve si méchant que j’en perds totalement mes mots. Et je croise les bras et m’enfonce dans mon siège. Je n’arrive pas à comprendre. Mais, je sais que je ne rêve pas et qu’il vient de me dire ça. Pour le coup, je le trouve injuste. Je ne ressens pas la même impression que lui. Ou alors, la vision que j’ai de moi est biaisée…
Ludo appuie sur le champignon et je m’accroche à la poignée de la porte. Nous devrions peut-être nous arrêter.
– Tu devrais stopper la voiture.
– Et pourquoi je ferais ça ?
– Parce que tu es énervé et c’est dangereux de conduire dans ces conditions.
– Mais je ne suis pas énervé.
– Ça se voit vachement…
Imperceptiblement, il ralentit mais garde le silence alors j’explose :
– Tu vas me parler enfin ?! Non parce que j’en ai vraiment ras-le-bol de tes sauts d’humeurs constants ! Qu’est-ce que j’ai fait pour que tu sois aussi distant avec moi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour que tu ne me parles pas, que tu ne me montres plus d’attention ?
– Tu vois ? La victimisation encore.
– Et arrête de sortir des trucs aussi débiles ! Tu sais bien que je ne suis pas comme ça !
– Ah ouais, t’es pas comme ça ? Tu me fais quoi là alors ?
Je sens la colère monter en moi doucement et la chaleur qu’elle provoque m’échauffe. Je cris maintenant, le faisant sursauter :
– Et arrête cette voiture !
– Mais tu vas arrêter de faire ton hystérique ?! C’est vraiment n’importe quoi !
– Ah parce que maintenant je fais mon hystérique ? Mais c’est de mieux en mieux.
Ludo change encore de vitesse et je reprends :
– Mais qu’est-ce que tu me reproches ?!
– Tu ne penses qu’à toi.
Ce qu’il vient de me dire sonne comme un coup de massue. Ça me blesse profondément. Et il continue :
– Je t’ai toujours fait passer avant moi et je me rends compte que tu en profites pas mal. À mon détriment
– Quand est-ce que j’en ai profité ?
– Tu prends toutes les décisions qui nous concernent tous les deux toute seule.
Cette fois-ci je ne comprends plus. Je fronce les sourcils avant de demander :
– Mais de quoi tu parles ? Quel genre de décisions ?
– Ton traitement, ou les bébés, par exemple. Même Cappu. Tu as pris tes décisions toute seule sans même prendre la peine de m’en parler. Alors c’est quoi le truc ? Je ne suis pas assez bien pour toi ?
– De quoi ?
– Ou alors, ta vie, tu ne l’imagines pas avec moi ? Je suis simplement de passage ?
– Mais non, je…
– Et tu vois, ça, ce n’est qu’un tout petit éventail des choses que tu décides sans même me consulter.
En l’entendant, les souvenirs de mon ancienne relation reviennent au compte-goutte, insidieusement… tels des voiles noirs qui obscurcissent ma vision.
Non… Je ne veux pas revivre ça… pas avec lui…
Je murmure :
– Pourquoi tu ne me l’as jamais dit ?
Ludo lève les yeux au ciel avant de souffler :
– Parce que, encore une fois, je te fais passer avant.
– Alors arrête de faire ça.
– Comme si c’était facile.
– Oui, Ludo. C’est très facile. Je ne vois pas l’intérêt que tu fasses ça si c’est pour me le reprocher après.
– Mais arrête, je ne te le reproche pas.
– Et ce que tu me fais là, c’est pas un reproche ?
Il ralentit à l’approche d’un embranchement avant d’arrêter la voiture à un feu rouge. Le carrefour est désert. Pas une âme qui vit à plusieurs mètres et kilomètres. Le silence est pesant dans le véhicule. Seules nos deux respirations se font entendre. Je croise les bras devant moi et sent ma gorge se serrer.
– C’est exactement ce que je me tuais à essayer de te faire comprendre.
Le feu étant toujours rouge, Ludo tourne la tête directement vers moi en fronçant les sourcils :
– Mais qu’est-ce que tu dis encore ?
– Fais pas l’idiot Ludovic, ça ne te va pas.
– Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles.
– Je n’ai pas arrêté de te dire de ne pas me faire passer avant toi. N’est-ce pas ?
Il garde le silence. Signe que j’ai raison. Je reprends, en colère et la gorge en feu tant elle est serrée :
– Là, ça suffit ! J’en ai marre. Tu te rends compte que ça fait des semaines que tu ne me touches plus, que tu n’as plus de gestes tendres envers moi ?! Que lorsque tu rentres, j’ai le droit à une boule de négativité ? Et si ce n’était qu’avec moi, passe encore mais tu es comme ça même avec Cappu.
– Donc en gros, tu me piques une crise parce que je ne te satisfais plus ?
– Mais je ne suis pas en train de te parler de sexe, là !! Je te parle de sentiment et d’amour !
– Je ne suis pas à ta disposition.
– Ce que tu es présomptueux… là ça devient affligeant…
Ludo se ferme totalement. Alors j’explose :
– Mais tu vas réagir, oui ?! Secoue-toi un peu !
– Putain mais tu me gaves là ! Lâche-moi sérieux ! J’ai le droit d’aller mal aussi, tu n’as pas le monopole de la souffrance !
– J’ai jamais eu la prétention de dire ça.
Le feu passe au vert, et il redémarre en disant :
– De toute manière, si t’es pas contente, t’as qu’à partir…
Je me prends l’équivalent d’une gifle en pleine tête. Mon cœur se serre, je sens que mon souffle est coupé. Je vais pleurer. Je le sens. Je parviens à murmurer de manière à peine audible :
– C’est pas possible… Tu ne viens pas de me dire ça…
– Non seulement, je l’ai dit mais en plus je suis sérieux.
Il tourne enfin la tête vers moi, à la base pour ajouter quelque chose, je le vois bien. La lumière d’une voiture ou d’un camion passe sur son visage. Se faisant de plus en plus forte. Je vois son expression passer de la colère à l’horreur.
Et c’est le choc. Terrible. Assourdissant.
Je suis anesthésiée lorsque la voiture fait plusieurs tours sur elle-même. Ma tête frappe contre la vitre avec violence.
Alors, c’est le noir.
Et puis plus rien…
Voilà, Ami Lecteur, j’espère que cet épisode t’a plu ! Je dois avouer que c’est un de mes préférés de la saison 3. À ton avis, est-ce que Lilou va s’en sortir ?
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Sinon, on commence de nouvelles habitudes en se retrouvant ici dans un mois pour l’épisode 12 !
Sur ce, à la prochaine, Ami lecteur, et bien le bonsoir !
Caractère de Pêche